Publié le 11 nov. 25

La parole à Tom Binet Metteur en scène et danseur du Grand O

L’Envie est un spectacle de cirque chorégraphique et de théâtre qui aborde les questions relatives à la démocratie. Pourquoi avoir choisi ce sujet ? Comment le traitez-vous via la pratique de disciplines artistiques ?
Face aux multiples troubles politiques qui bousculent nos quotidiens, j’ai eu le besoin d’aller d’explorer les projets et utopies réelles qui essaient de défendre nos communs et expérimentent des manières de faire de la politique autrement. En vivant ces différentes expériences, j’ai senti que raconter ces histoires et porter ces questionnements dans l’espace de notre attention était une aventure artistique que j’avais envie de vivre. D’une manière assez libre, j’essaie de naviguer entre la puissance expressive du cirque et de la danse, et une narration théâtrale qui fait justice aux complexités de ses thématiques. Le spectacle se présente comme un périple qui nous amène autant au cœur d’une action de désobéissance civile, sur les bancs de l’Assemblée nationale, dans les rues de Soueida en Syrie, ou encore les pieds dans l’eau froide de la rivière du Ciron dont on défend les droits.

Votre processus de création comprend une phase exploratoire afin de recueillir des témoignages. Quels sujets avez-vous abordé, qui avez-vous rencontré et quel est l’impact de cette phase dans la création de L’Envie ?
Lors de la phase d’enquête, je me suis intéressé à la fois aux émotions associées à la militance, aux méthodologies de gouvernance utilisées ainsi qu’à la joie et au soin présents au sein de ces collectifs. J’ai rencontré et réalisé des entretiens avec des militants écologistes, des citoyens organisés ensemble en vue de construire un projet politique pour leur ville, des politistes ou encore des experts en gouvernance partagée. Ces rencontres et les expériences vécues au cours de ma recherche ont été autant de portes d’entrée vers la création de ce spectacle. Dans L’Envie, les témoignages de certains et certaines sont donnés à entendre en bande sonore. Certaines situations vécues sont données à voir au plateau. Les pensées et les paroles entendues viennent enrichir l’écriture des textes du spectacle. En clair, je n’aurais pas pu créer L’Envie sans plonger dans toutes ces aventures.

Vous avez été accompagné par le Réseau d’Accompagnement des Arts de la Rue en Bretagne (RADAR). Pouvez-vous nous expliquer ce qu’a permis ce dispositif ?
Tout d’abord, je crois que sans ce dispositif il aurait été beaucoup plus difficile de créer ce spectacle. La possibilité de compter sur le soutien financier et sur l’écoute des différents acteurs qui composent le réseau s’est avérée être d’une grande aide à des moments clés de notre création. À travers cinq semaines d’accueil en résidence, le réseau nous a accueilli tout au long de ce projet, de notre première résidence d’écriture jusqu’à une présentation publique du spectacle dans une forme presque aboutie.